Nouvelle création Maison ! Arrête avec tes mensonges

« Il y a cette brûlure de ne rien être autorisé à dire. Je n’ai jamais parlé. Sauf aujourd’hui.» Philippe Besson

Adolescents, Thomas et Philippe se sont dévorés d’une urgence pure. L’élève modèle, enfant d’instituteur, et le fils d’agriculteur taiseux n’ont qu’un mystère en partage : une relation aux tendresses secrètes, des mots qui ne savent se dire, des séparations sans promesses.

Dans l’insouciance des années 80, alors qu’on s’entrelace sur 99 luftballons ou Bronski Beat, s’esquissent entre eux des trajectoires inconciliables : basculer à vie dans le mensonge,  niant l’évidence du désir, ou devenir romancier et bâtir des fictions.

Ce roman autobiographique scrute avec acuité ceux qui s’invisibilisent pour fuir la stigmatisation et l’homophobie qui, dans des contextes sociaux et familiaux trop traditionnels, ne peuvent s’assumer. Philippe Besson, interprété (adulte) par l’acteur-chanteur Raphaël Defour, dévoile sa rencontre avec Lucas, fils et troublant sosie de son premier amant. Ensemble, ils démêlent les fils de cet amour contraint, « contraire » et contrarié au fil d’une enquête aux rebondissements saisissants.

Espace Pro

La version LSF a reçu le soutien de l'ONDA - Office national de diffusion artistique

Distribution :

D’après le roman de Philippe Besson
Mise en scène Angélique Clairand et Eric Massé
Avec Marius Carreau, Raphaël Defour, Mikaël Treguer
Avec la participation de Anna Walkenhorst
Création vidéo Vincent Boujon
Création lumières Juliette Romens
Composition musicale Bertrand Gaude
Création son Anna Walkenhorst
Coach vocale Myriam Djemour
Collaboration au mouvement Corinne Garcia
Construction et conception décors Didier Raymond
Costumes Laura Garnier
Photographies Jean-Louis Fernandez
Adaptation en LSF Géraldine Berger, Isabelle Voizeux et Anthony Guyon
Interprétation en LSF Anthony Guyon
Régisseur général Nathan Teulade
Régie lumières Sandrine Sitter

Création au Théâtre du Point du Jour
Création de la version LSF au Théâtre du Point du Jour
Résidence de création à la Scène Nationale 61
Avec le soutien de la SPEDIDAM

Dates

Jeudi 1 octobre 2020 : Bord de scène
Vendredi 2 octobre 2020 : Rencontre avec Philippe Besson 
Jeudi 8 octobre 2020 : Bord de scène 
Vendredi 9 octobre 2020 : Retour aux sources 
Samedi 10 octobre 2020 : Table ronde avec SOS homophobie, suivie de leur Boom des connasses
Lundi 12 octobre 2020 : Représentation et rencontre en Langue des Signes Française*
Mardi 13 octobre 2020 Langue des Signes Française
*Adaptation et interprétation en Langue des Signes Française par Géraldine Berger et Anthony Guyon

Librairie Nomades présente tous les soirs


Horaire : 20h
Durée estimée : 1h30
A partir de 14 ans

Interview Angélique Clairand et Eric Massé

Arrête avec tes mensonges et votre précédente création De l’Eve à l’Eau sont conçus comme un diptyque. Quel jeu de miroir permet-il ?
AC :
Avec de l’Eve à l’eau, nous avons écrit sur nos origines paysannes une autofiction à partir des névroses de classes qui nous constituent. Arrête avec tes mensonges poursuit ce cycle de recherches. Et toujours, en miroir, les destins professionnels et sociaux auxquels sont promis les personnages et leur capacité à les transcender.
EM : Nos héros ressentent qu’ils n’auront bientôt plus rien à voir avec le monde de leur enfance, qu’ils seront « comme un bloc de glace détaché d’un continent ».

L’autofiction constitue-t-elle le point commun entre vos créations et les textes de Philippe Besson ? EM : Si De lEve à l’Eau et d’autres romans de Philippe Besson sont des autofictions, ce n'est pas le cas pour Arrête avec tes mensonges qui est un récit autobiographique. Ce texte est né de plusieurs rencontres bouleversantes : d’abord de Thomas, son amour d’adolescence, puis de Lucas, fils de Thomas. S’enchaînent alors suspens et coups de théâtre.
AC : La frontière entre l’autofiction et l’autobiographie est très ténue dans ce roman. Il s’agit pour nous comme pour l’auteur de porter la parole des invisibles, des mutiques, de questionner le déterminisme social qui s’insinue au cœur même des rapports de langue et de corps comme un révélateur de classe : « Si on n’en parle pas, comment prouver que ça existe ? ».

Comment Philippe Besson a-t-il accueilli votre projet d’adaptation ?
EM :
En 2018, Philippe nous a donné rendez-vous dans le café où il a rencontré Lucas. Il nous a laissé carte blanche : « Je vous dis la même chose qu’à Patrice Chéreau qui a adapté un de mes romans : ce sont vos morts, votre intimité, vos obsessions. Les meilleures adaptations sont des trahisons. »

Son roman est constitué de sauts temporels. Comment les acteurs voyagent-ils à travers les âges ?
EM :
Nous travaillons avec trois acteurs. Raphaël Defour interprète Philippe Besson romancier à succès quarantenaire, Marius Carreau, Philippe adolescent des années 80-90, tandis que Mikaël Treguer joue à la fois Thomas et son propre fils Lucas, puisque le roman insiste sur leur gémellité.
AC : Cette ressemblance troublante est responsable du premier coup de théâtre : lors d’une interview, l'auteur crie soudain, croyant voir dans la salle un fantôme : Thomas… qui n’aurait pas vieillit en 20 ans. Se brouillent alors les modes narratifs : souvenirs, dialogues, pensées intérieures…

Comment parvenez-vous à restituer ces simultanéités au plateau ?
A.C. 
: Nous sommes dans un milieu où les origines sociales et la honte favorisent l’inhibition et Thomas est ce qu’on appelle un taiseux. Lors des dialogues souvent arides, nous dévoilons simultanément la pensée foisonnante de Philippe.
E.M. : Et lorsque face à l’innommable, il n’y a plus d’issues, nous empruntons le chemin de la musique, du chant, qui atteint le public dans un espace plus poétique. Cette partition délicate nous a aussi amené à choisir Raphaël Defour, à la fois comédien et chanteur, dont l’univers singulier épouse avec humour la nostalgie des années 80.

Ces passages souvent très cinématographiques ont lieux aussi bien à Paris qu’à Barbezieux. Comment cette diversité existe-t-elle au plateau ?
A.C. : 
Comme sur un terrain de basket ou un plateau de tournage, la scénographie se décline par des tracés au sol marquant des espaces de jeu que les acteurs et les techniciens font évoluer à vue : une chambre, un gymnase, une bibliothèque, un champ de blé, une gare, une maison en construction investie pour une boum…qui sera tournée avec des lycéens de l’arrondissement !